La Chaux
Badigeons, Stucs/ Tadelakt, Chaux en pâte, Poudre de Marbre, Savon noir et peinture à la chaux.
Histoire de la chaux
La chaux existe depuis plusieurs milliers d'années. Nos ancêtres s'en servaient pour bâtir et monter des murs, enduire et peindre.
Des égyptiens la mirent en oeuvre, alliée ou non au plâtre, pour monter les Pyramides. Les civilisations mésopotamiennes, phéniciennes, les Incas ou les Mayas eurent également recours à la chaux pour bâtir.
Dès les premiers siècles, la chaux fit l'objet de toutes les études et connut son heure de gloire dans le bâtiment.
Avec la découverte du ciment dans la 2ème moitié du XIXème siècle et sa production industrielle en début de XXème siècle, la chaux perdit de sa prédominance dans le bâtiment. Les fours à chaux très abondants dans nos campagnes s'éteignirent les uns après les autres. Heureusement, cette disparition ne fut pas complète, et on redécouvre aujourd'hui les vertus incomparables de ce produit .
Les liants
Les liants sont les matières qui ont pour propriété d'assembler par «collage» des matériaux inertes (sables etc...) ils influent donc sur la structure et la résistance d'un mortier. On trouve des liants d'origine minérale ou organique qu'ils soient naturels ou de synthèse. La chaux est un liant parmi d'autres en maçonnerie. De même que l'argile, elle occupe une place importante dans le bâti ancien.
Diversité des liants
La chaux est un liant minéral qui provient de la cuisson du calcaire. Parmi les autres liants minéraux issus d'une cuisson, on trouve les plâtres issus du gypse, et les ciments prompts issus du calcaires contenant des argiles et de la silice. L'argile est un liant minéral utilisé sans cuisson. Les gommes, le bitume et l'asphalte sont des liants organiques utilisés dans la construction.
Les liants synthétiques sont généralement issus de la chimie. Obtenus soit à partir de la décomposition moléculaire d'éléments naturels ensuite recomposés ou non, soit par mélange de divers composants, ils constituent des produits dits «de synthèse », tels que les résines synthétiques, les vinyles, les glycéros, les acryls, les pliolithes, etc..
Définition de la chaux
La chaux est le résultat de la cuisson d'un CALCAIRE à une température comprise entre 800° et 1000°C.
Ce calcaire qui va être calciné trouve son origine dans les sédiments et dépôts des organismes marins laissés en place, après le retrait des mers dans certaines régions, il y a plusieurs dizaine de milliers d'années.
Ce calcaire contient principalement du carbonate de calcium (Ca CO3) mais aussi de la silice, de l'oxyde de fer, de l'aluminium ou d'autres minéraux dans des proportions plus faibles. Selon la nature du calcaire cuit, on obtiendra soit des chaux calciques CL, soit des chaux hydrauliques NHL, mais dans tous les cas des chaux naturelles (les seules chaux sans mélanges).
Nous distinguons 2 principales chaux:
1) Chaux aérienne naturelle « CL »
Elles sont ainsi nommées parce qu'elles font leur prise au contact du gaz carbonique (CO2). Cette carbonatation est également nommée « durcissement aérien » ou auto-durcissement.
Issues de calcaire très peu siliceux, ce sont les chaux les moins utilisées car très handicapées par le manque d'hydraulicité naturelle. Telles quelles, elles ne peuvent être utilisées que dans des milieux très protégés, car elles n'ont pas de prise hydraulique permettant de sécuriser l'ouvrage contre les intempéries. Pour plus de sécurité, elles sont généralement mélangées à des éléments hydrauliques. Ces chaux sont en fait recommandées pour les « décors » (peintures, peinture à fresco, stucs et mélange plâtre et chaux) où leur finesse et leur blancheur jouent pleinement leur rôle.
2) Les chaux hydrauliques naturelles « NHL »
Elles sont nommées «hydrauliques» parce qu'elles contiennent des composés (silicates complexes) qui ont pour propriété de faire prise et de durcir au contact de l'eau. Les chaux hydrauliques naturelles ont une prise hydraulique qui se poursuit par un durcissement aérien. Elles sont également obtenues par la calcination de calcaire plus ou moins argileux ou siliceux.
Après cuisson elles sont parfois éteintes, puis réduite en poudre, avec ou sans broyage. Ce sont les chaux naturelles les plus utilisées car elles apportent, naturellement et sans ajout, une première prise hydraulique qui sécurise l'ouvrage réalisé, puis une deuxième prise aérienne qui par recarbonatation au contact de l'air, donnera à l'enduit toute sa patine. Les chaux normalisées européennes (ENV 459-1) conviennent pour les maçonneries, les enduits et les décors.
En dehors des « chaux naturelles » il existe aussi les chaux « formulées » (HL). Elles sont le résultats de mélanges manquant parfois de transparence. C'est la porte ouverte à certaines manipulations n'apportant techniquement aucune amélioration par rapport aux chaux naturelles.
Enfin, les chaux artificielles, chaux des cimentiers ont heureusement peu à peu disparu, et on été remplacées par une appellation plus conforme à la réalité : "les ciments à maçonner".